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"Toute littérature est assaut contre la frontière." Franz Kafka

Une Ombre sur l'Univers - Naissance d'une Nessou

Auteur :

Gwendoline Cachia

Categories : Science Fiction
Date de parution : 30/04/2020

Extrait
(13 avis)
Couverture
Une Ombre sur l'Univers - Naissance d'une Nessou

Prix de l'imaginaire Nouvelles Plumes France Loisirs 2020 "Une Ombre sur l'Univers" est une trilogie dans le genre science-fiction et plus précisément un space opéra avec pour parfaire le tout de l'action, de la romance et des secrets...

Book trailer : https://www.youtube.com/watch?v=jrPwasm3e_s&t=35s

"L’Univers a ses soldats d’élite. Ce sont les Ombres. Des guerriers suprêmes détectés, éduqués et formés par l’Ordre. Méliana Vénesca est l’une de ces Ombres. Sa mission : faire respecter les lois de l’Univers et préserver la paix.
Névil Garvianne est le commandant du vaisseau humain le plus perfectionné : le S.U.MAÏLIUNE. Sa mission : protéger la Terre et ses habitants.
Leurs destins seraient-ils liés ?
Quand deux soldats d’exception se retrouvent face à face chacun avec leurs devoirs et obligations respectifs…
Qui exécutera sa mission ?
Qui se sacrifiera pour sauver la vie ?
Qui survivra ?
…L’Univers sera-t-il toujours le même ?"

Je vous propose 2 extraits à des moments différents.

1er extrait:

90
LA CONFRONTATION
— Aspiration dans 5… 4… 3… 2… 1… Aspiration.
Le vaisseau de Méliana subit une accélération soudaine et pénétra à une vitesse fulgurant dans le vortex de Zoula.
Tout le vaisseau se mit à trembler.
À ce moment et jusqu’à la sortie de ce tunnel, la jeune femme n’avait rien à faire d’autre que d’agripper ses harnais et attendre.
Vu la distance à parcourir, cela allait durer un bon moment.

*

— Commandant, le vaisseau de l’Ombre Vénesca vient d’entrer dans le vortex de Zoula.
— À combien sommes-nous ?
— Quarante-deux minutes.
— Passez en vitesse L2.
C’était la vitesse maximale du Maïliune. Une procédure que l’Union ne préconisait qu’en dernier recours et dans un espace parfaitement référencé et vide de tout obstacle. Une collision à une telle vélocité pouvait être dramatique, pour arriver, au pire des cas, à la dislocation de l’appareil…
— Bien, commandant. En attente de l’aval du second.
Névil se tourna vers Alinsa. Le visage de Priès était fermé à l’extrême. Aucun son ne sortit de sa bouche, alors qu’il y avait urgence !
— Second ? l’encouragea Xavier, un doigt sur le bouton de mise en marche pour l’accélération maximale du vaisseau.
Aucun assentiment ne vint.
— Al… l’enjoignit, à son tour, Névil.
— Passez en vitesse L2, finit-elle par accepter, d’une voix dure.
— À tout l’équipage, passage en vitesse L2 dans 5… 4… 3… 2… 1… Top.
L’information donnée à l’équipage était juste une histoire de protocole, car rien ne changea à bord.
Le vaisseau filait à une vitesse ahurissante.
— Arrivé au vortex de Zoula dans onze minutes, commandant.
— Très bien. Que tout l’équipage soit prêt à en découdre avant notre entrée dans le vortex  ! Al, suivez-moi, j’ai à vous parler.

*

La sortie du vortex fut aussi rude que l’entrée.
La décélération fut importante au point que Méliana se retrouva projetée vers l’avant, heureusement bien maintenue dans son siège grâce aux sangles de sécurité.
— Deux minutes avant entrée dans l’atmosphère d’Aérus, annonça GAIA, l'intelligence artificielle.
La jeune femme se détacha pour être plus libre de ses mouvements et se concentra pour affronter la suite.

*

Névil entraîna Alinsa dans un recoin près de l’ascenseur menant à ses quartiers.
Il se tourna vers elle et commença très sérieusement.
— Al. Je sais que…
— Si j’ai mis un peu de temps à valider votre ordre, l’interrompit-elle, c’est uniquement parce que je me demandais si nous ne devrions pas lui laisser le temps de mettre une balle dans la tête d’Éliostate.
Le commandant souffla intérieurement. Sous aucun prétexte, il n’aurait voulu d’un désaccord avec son officier en second.
— Il a vendu la Terre et ses colonies aux Argavoniens, continua Priès. Alors, si je comprends que toutes informations peuvent être utiles, je me demande si cet homme ne mérite pas de mourir.
— Je pensais que votre hésitation avait plutôt un rapport avec l’Ombre Vénesca.
Alinsa eut un sourire en coin.
— Pas cette fois. Je ne m’en ferais toujours pas une amie, mais elle avait raison. Elle a essayé, en mettant sa vie dans la balance, de prévenir l’Union et la Congrégation. Donc, je me dis qu’il y a peut-être quelque chose de bien en elle, malgré ce qu’elle est.
— J’aurais besoin de vous sur le terrain, mais je veux savoir si…
— Je ferai mon job, commandant. Vous ne devriez pas en douter.
— Je n’en doute pas. Je veux juste que vous me confirmiez que vous savez que c’est pour le bien de l’Union que nous faisons cela.
— Je le sais, commandant.
— Parfait. Allez vous préparer !

91

L’entrée dans l’atmosphère d’Aérus s’était faite sans encombre. C’était la seule bonne nouvelle, le répit n’avait été que de courte durée. Même si Méliana s’attendait à plus de résistance, une douzaine de chasseurs étaient à ses trousses.
Leur petite taille les rendait vifs et rapides, alors si le vaisseau de la jeune femme était une merveille de technologie, elle avait du mal à ajuster ses tirs.
— Je conseille une approche par bâbord, proposa GAIA.
Méliana fit confiance à l’intelligence artificielle et braqua le manche vers la gauche brusquement. Ce qui eut pour effet de déstabiliser ses poursuivants qui rompirent leur formation de combat.
Une fois les vaisseaux éparpillés, Méliana en profita pour tirer sur celui qui se trouvait plus bas qu’elle. Le petit chasseur reçut la salve dans l’aile droite qui se détacha, rendant l’appareil parfaitement incontrôlable. Il partit en vrille pour finir par s’écraser dans une magnifique explosion.
Malgré tout, cela ne faisait qu’un de moins… Et au bout de quelques minutes, l’Ombre Vénesca réalisa que ce n’était pas de cette manière qu’elle viendrait à bout de ses assaillants.
— GAIA, dévie le champ énergétique des canons vers les boucliers, ordonna la jeune femme.
— Cela vous laissera sans opportunité de tir, contra le cerveau virtuel.
— Je sais ! Fais-le !
GAIA obéit sans plus intervenir.
Méliana délaissa les commandes de ses armes extérieures et fonça vers le sol d’Aérus sans plus essayer d’abattre ceux qui lui collaient aux basques.
Elle ne comptait pas repartir de toute façon, alors que son vaisseau subisse des dégâts irréversibles n’était pas de la plus haute importance.
Le tout était d’arriver…

*

— À tout l’équipage, réduction de la vitesse à L1. Entrée dans le vortex de Zoula dans 1 minute. Préparez-vous à l’aspiration.
Hommes et femmes du Maïliune prirent leur place respective et bouclèrent leur harnais de sécurité en attendant l’épreuve qui allait suivre.
Névil prit place dans le siège le plus haut du pont et regarda le vortex approcher avec impatience.

*

La descente était trop rapide. Les tirs de ses agresseurs avaient endommagé ses boucliers arrière au point qu’à présent chaque salve entamait la carlingue de son vaisseau.
— Intégrité du vaisseau : 75%, la prévint GAIA.
Méliana vira sur la droite. Il lui restait encore plusieurs kilomètres avant la destination qu’elle avait sélectionnée. Il lui fallait économiser la coque de son vaisseau.
Mais les autres virèrent aussi et continuaient leur pilonnage.
— Je n’y arriverai jamais à ce train-là ! rugit-la jeune femme.
Sur sa gauche immédiate, elle vit un tunnel assez étroit. Sans réfléchir au fait que la manœuvre était des plus risquées, elle braqua les leviers de contrôle et s’engouffra, in extremis, dans le boyau.
Son aile gauche érafla le côté de la paroi de la galerie ce qui déséquilibra le vaisseau tout entier.
Méliana redressa immédiatement et cette fois ce fut la queue de l’appareil qui toucha.
— Faut que je sorte de là ! C’était pas une bonne idée…
Pourtant, cela avait eu l’effet escompté : il ne restait plus que trois chasseurs à ses trousses.
— GAIA, dis-moi où je suis, demanda la jeune femme tout en essayant de stabiliser son engin.
— Tout de suite, Ombre Vénesca… Vous êtes à près de douze kilomètres de la destination prévue. En progression.
— Tu veux dire que ce tunnel me rapproche de ma cible ?
— Affirmatif, Ombre Vénesca, répondit GAIA en ouvrant la carte holographique du secteur.
Incroyable ! Par pur hasard, elle se dirigeait droit vers le bâtiment où elle pensait trouver Éliostate.
Le destin commencerait-il à lui sourire ?
Sans plus attendre, prenant tous les risques, elle poussa ses réacteurs à leur dernière limite et vit défiler à une allure effrayant ce souterrain qui se resserrait encore.

92

— Elle se rapproche…
— Je sais, Vèl. Mais c’est bien ce que nous voulions, alors pas d’affolement, lui répondit Éliostate étrangement excité à l’idée de se retrouver bientôt en présence de sa belle-fille.
Il allait enfin pouvoir lui montrer que, même s’il n’était pas une Ombre, qu’il n’était pas un guerrier invincible, lui aussi avait des pouvoirs !
Et le plus grand dont il pourrait se vanter serait celui d’avoir éliminé un soldat de l’Ordre.
— Tout est prêt ?
— Oui. Tout est en place, assura Ifolgon en fermant la double porte de cette pièce où arriverait dans peu de temps l’humaine qui avait fait échouer les espérances de ses Princes.
L’Orbionite savait qu’il avait manqué à ses serments de toujours servir ses souverains. Il avait échoué, mais se présentait, pour lui, une façon de se racheter.
Aujourd’hui, il réussissait ou il mourait. Son honneur ne pouvait concevoir de retourner sur Orbion sa réputation entachée d’un raté de plus.

*

— Sortie du vortex au top… 3… 2… 1… Top ! Scan de la zone : aucun danger immédiat, commandant, informa Xavier.
Névil se leva prestement et se dirigea vers son pilote.
— Bravo, « X ». Que tout le monde se tienne en alerte. Trouvez la balise référencée sur cet émetteur et amenez-nous jusqu’à elle, finit-il en tendant l’appareil à Xorton qui se mit immédiatement à la tâche. Prévenez-moi dès que vous aurez une position et une estimation du délai pour la rejoindre.
— Bien, commandant.
— Priès, que l’équipe soit prête pour la sortie.
— Oui, commandant.
— « X », ouvrez un canal vers le PC de l’Union.
Xavier qui menait déjà deux tâches de front n’eut aucun mal à accéder à la requête de son supérieur.
— Vous êtes en ligne, commandant.
— Merci. Ici le commandant Garvianne du S.U.Maïliune.
— Nous vous recevons cinq sur cinq, commandant.
— Nous venons de passer le vortex de Zoula et nous allons pénétrer l’atmosphère d’Aérus dans 90 secondes. Nous sommes à la recherche du signal du vaisseau de l’Ombre Vénesca.
— Bien, tenez-nous informés dès que vous aurez du nouveau. Pour information, les deux croiseurs devant assurer votre soutien arriveront au vortex dans vingt-deux minutes. Nous vous conseillons de les attendre avant d’entrer dans l’atmosphère d’Aérus.
— Commandant, j’ai le vaisseau de l’Ombre Vénesca et ce n’est pas le seul écho qui m’arrive. À ce que je vois, elle est dans le pétrin !
— PC, vous avez reçu ?
— Oui, commandant. Nos directives restent inchangées. Toutefois, si vous jugez d’une urgence immédiate, vous avez l’autorisation d’infiltrer les lignes ennemies.
— Bien reçu, PC. Terminé.
Névil se pencha au-dessus de l’épaule de Xavier.
— Vous en pensez quoi, « X » ?
— … Il peut s’en passer des choses en vingt-deux minutes, commandant. Et puis, d’après le rayonnement de ses réacteurs, je dirais qu’elle va se crasher d’ici peu.
— Vous pouvez nous amener jusqu’à elle avec un maximum de sécurité ?
— … Oui, mais il va falloir s’accrocher !
Garvianne réfléchit à toute vitesse. En fait, il n’avait pas le choix.
— OK, notre vie est entre vos mains « X ». Assurez !
— Pas de problème, commandant.
Sans plus attendre, Xavier poussa les réacteurs du vaisseau le plus étoilé de l’Union à moitié de ses capacités et pénétra dans l’atmosphère de cette petite planète où allait se jouer le sort de l’Univers…

93

À la première décélération, Méliana espérait que ce soit dû à un trou d’air, même si dans ce tunnel c’était peu probable.
— Intégrité du vaisseau : 40%, charge des boucliers :10%, capacité des moteurs :8%, énuméra GAIA. Je vous conseille d’évacuer dans les plus brefs délais, Ombre Vénesca.
Lors de la deuxième perte de vitesse, Méliana sut que son vaisseau était en bout de course.
Plus le choix, il fallait abandonner le navire…
— GAIA, reprends les commandes et garde le cap.
— Tout de suite, Ombre Vénesca.
À toute vitesse, Méliana imprima dans son esprit la carte holographique qu’elle avait devant les yeux ; elle aurait besoin de ces repaires une fois à l’extérieur.
— Désactive les boucliers et envoie le reste d’énergie vers les canons arrière.
Il fallait qu’elle se débarrasse de ses trois derniers poursuivants avant de se cracher ou bien elle n’aurait pas une chance de sortir de son vaisseau.
Si la tactique avait pu paraître bonne, le résultat le fut bien moins. Elle réussit à abattre deux Siphonneux avant que le dernier, lui, ne touche la queue de son appareil le rendant incontrôlable ; au bord de la rupture.
— GAIA, redresse ce putain d’engin ! hurla Méliana.
Malgré plusieurs essais de l’IA, elle vit le nez piquer et à peine quatre secondes plus tard, l’avant glissait contre l’acier du tunnel.
De magnifiques étincelles se mirent à éclairer les lieux comme les éclaboussures d’un feu d’artifice géant.
Très vite, des flammes germèrent aux endroits surchauffés par les frottements.
La situation devenait critique.
Cette fois, elle était vraiment en perdition.
— Intégrité du vaisseau : 12%, charge des boucliers : épuisée, capacité des moteurs :4%, l’informa GAIA. Évacuation d’urgence recommandée.
Méliana inspira profondément, oui, c’était le moment.
— GAIA, lance l’autodestruction.
— Délais ?
— 10 secondes.
— Autodestruction dans 10 secondes…
Tant bien que mal, Méliana s’extirpa de son siège.
— 9…
Tout en titubant, à cause des chaos de la glissade, la jeune femme réussit à atteindre l’arrière du frêle esquif à la dérive…
— 8…
Une fois devant la trappe arrière, elle mit le casque complétant son armure, attrapa un lance-missiles à ions, et appuya sur le bouton d’ouverture d’urgence du vaisseau.
— 7…
La rampe arrière commença à s’abaisser. Méliana n’attendit pas la fin de la descente pour sauter.
— 6… entendit-elle encore dans son casque.
Après une roulade parfaitement maîtrisée et faisant fi d’une douleur lancinante dans son épaule droite due au choc, elle s’agenouilla et prit pour cible le dernier vaisseau siphonneux qui restait à sa poursuite.
— 5…
Sans attendre, elle appuya sur le déclencheur : un éclair lumineux se dégagea du canon démesurément large de l’arme.
— 4…
Le rayon entra directement en contact avec le point faible du vaisseau siphonneux qui explosa et alla s’encastrer à quelques mètres sur la gauche.
— 3…
Sans attendre, elle jeta l’arme bien trop imposante pour la suite.
— 2…
Elle courut aussi vite que possible afin de s’éloigner de ce qui allait arriver.
— 1…
Elle se jeta à terre et s’aplatit le plus possible.
— Autodestruction…
Son vaisseau explosa.
La déflagration fut sur elle en moins d’une seconde, soufflant, balayant et brûlant tout sur son passage.
Méliana sentit la chaleur et le choc, mais resta plaquée au sol par la seule force de ses muscles.
Une fois le plus gros passé, elle relâcha la pression et se releva lentement.
Elle regarda devant : de son vaisseau ne restait que des morceaux de carcasse fumants.
Elle regarda derrière : plus de Siphonneux à l’horizon…
Elle fit un rapide topo de son état et de ses armes. Tout allait aussi bien que possible et sa combinaison avait encaissé correctement.
À présent, il ne lui restait plus que quelques centaines de mètres pour arriver jusqu’à Lucius…

*

— Commandant. Je n’ai plus l’écho du vaisseau de l’Ombre Vénesca sur mes écrans, annonça Xavier. Il a… disparu.
Ce fut comme un uppercut en pleine face. Un choc empêchant de respirer, empêchant de penser. Un cœur semblant manquer un battement. Un corps agonisant.
Et même si tout ceci ne dura qu’une fraction de seconde, ce fut le pire traumatisme que Névil eut jamais ressenti…
Seulement, l’entrée dans l’atmosphère d’Aérus eut lieu la seconde suivante et le commandant reprit instantanément ses esprits en comprenant tout le danger de la situation…
Non seulement le bâtiment essuyait des tirs venant du sol, mais une armada de chasseurs le prit, en plus, pour cible.
— À toutes les batteries : feu ! rugit-il du cockpit.

2ème extrait :

— Elle va finir par y rester…
Et ce ne serait peut-être pas si mal, pensa Aymeric Hugonis en regardant les images que lui renvoyait l’hologramme.
— Il faut l’aider à supporter ce qu’ils lui font. Vous êtes médecin, donnez-lui quelque chose pour…
— Je n’en ai pas le droit, coupa sèchement Hugonis en faisant toutefois attention à ne pas élever la voix. Les consignes sont claires : je dois la garder en vie, en aucun cas la soulager.
Vincent serra les dents face au refus catégorique du médecin. S’il avait les connaissances nécessaires, il donnerait lui-même ce qu’il fallait à cette pauvre femme. Seulement, il n’était que mécanicien et s’il se retrouvait à devoir faire face à l’innommable que subissait Calie Luven, c’était tout simplement parce qu’il s’était trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment…
— Pour l’instant, elle est inconsciente, alors dites-vous qu’elle ne souffre pas.
Oui, Calie était inconsciente d’avoir subi les pires horreurs… Son corps avait dit assez et c’est à ce moment précis qu’Aymeric et lui étaient entrés en piste.
Hugonis recousait, plâtrait, tentait de rafistoler le corps de la malheureuse et Vincent assistait comme il le pouvait. Nettoyant le sang coagulé sur la peau fine de la jeune femme, essayant de lui rendre figure humaine, même si la tâche était impossible.
Il aurait tellement aimé faire plus…
Sans être son ami, il connaissait Calie… et sa famille. Ils vivaient tous sur la colonie de Tyios. Un endroit paisible et riche. Au moins jusqu’à la semaine dernière…
Calie était journaliste, son mari foreur et ils avaient un petit garçon de trois ans.
Sur ces trois êtres humains, seule Calie était toujours en vie…
À présent, aucun d’eux n’aurait pu dire où ils se trouvaient. Certainement très loin de Tyios et encore plus de la Terre.
La seule chose qu’ils savaient, c’était que la structure dans laquelle ils se trouvaient était le lieu de tous les cauchemars…
— Dites-moi ce que vous lui donneriez et je le fais si vous avez la frousse, provoqua Vincent qui sentait la colère monter.
Aymeric le foudroya du regard.
— Vous ne comprenez pas que si nous ne faisons pas exactement ce qu’ils demandent, c’est nous qui allons nous retrouver à la place de cette femme ? C’est ce que vous voulez ?
Vincent baissa les yeux…
Était-il prêt à prendre la place de la journaliste ? Pourquoi pas après tout ? Sa vie valait-elle plus que la sienne ?
— Pas la peine de réfléchir, Monsieur Prat, reprit Hugonis. Ce que je fais-là ne me plaît pas plus qu’à vous, mais je compte bien retourner sur Terre un jour ou l’autre, alors fermez-la et faites ce qu’ils attendent de vous !
Le jeune homme allait répliquer lorsque la porte coulissante, à l’autre bout de la pièce, s’ouvrit sur une Orbionite visiblement de mauvaise humeur, suivie par deux de ses congénères… armés jusqu’aux dents.
— Nous devons reprendre immédiatement !
Le mécanicien serra les poings de rage et le médecin entreprit de faire l’injection qui allait sortir Calie de l’évanouissement qui l’avait soustraite, quelques heures, aux pires sévices.
Une seconde passa jusqu’à ce qu’un hurlement pareil à celui d’une bête agonisante s’élève et emporte au loin le silence, glaçant les deux humains…
Réjouissant les orbionites…
(…)
— Je ne tolérerai pas un nouvel évanouissement.
Le Dr Hugonis sentit toutes les menaces sous-jacentes derrière ces quelques mots.
Seulement, il n’était pas magicien et si cette Orbionite continuait sur sa lancée, il y avait fort à parier que Calie allait tourner de l’œil d’ici peu.
Comment faire entendre ça à cette tortionnaire qui se penchait déjà sur le corps saccagé de la journaliste, une lame crantée à la main ?
Heureusement, Vincent Prat n’était pas présent. Nul doute qu’il aurait fini par s’ériger face aux géhennes que subissait la pauvre femme…
Aymeric, lui, gardait en tête que s’il faisait exactement tout ce que lui demandait cette sadique, il arriverait à retourner à sa vie. Cet espoir le faisait tenir et supporter tout ce qu’il voyait, même si, au fond de son esprit, il était plus que conscient que sa libération n’arriverait peut-être jamais.
Un hurlement, aigu et continu à déchirer les entrailles, lui fit reporter les yeux sur Calie Luven.
Les crans acérés du couteau lui entaillaient les chairs de la cuisse, mettant à vif son muscle antérieur gauche.
Les pointes pénétraient, millimètre par millimètre, toujours plus profondément, avec une lenteur étudiée afin de faire subir le plus de souffrances possible à la victime.
Le médecin regarda les écrans. Le rythme cardiaque était au-delà de 130 pulsations/minute, la respiration était haletante, la tension crevait le plafond : Calie allait perdre connaissance. Sans plus réfléchir, et en ayant toujours ces maudites menaces en tête, Aymeric entreprit d’injecter une petite quantité d’adrénaline à la pauvre jeune femme. Elle supporterait mieux la douleur, et surtout, elle resterait consciente.
C’était moche, mais Hugonis tenait à la vie. Si, pour la préserver, Calie devait endurer toujours le plus terrible, eh bien soit !
Alors qu’il allait appuyer sur le piston, une annonce se fit entendre par les haut-parleurs.
— Princesse Nayolée, un vaisseau vient de s’arrimer.
L’Orbionite arrêta son mouvement d’oscillation sans pour autant retirer l’outil de torture de la cuisse de sa victime.
— La bannière ? demanda-t-elle sans bouger d’un pouce.
— Celle de votre frère, Pliace.
Les pupilles de Nayolée se rétrécirent au point de pratiquement disparaître au milieu de ses iris couleur de sang.
À contrecœur, elle retira la lame d’un coup sec, faisant gicler du sang jusqu’au pied d’Aymeric, et sortit sans un mot.
Le médecin retira l’aiguille du bras de Calie et s’empressa d’appliquer un point de compression sur la nouvelle blessure qui zébrait le corps de la jeune femme.
Quand cela allait-il finir ?

Commentaires

Delerme Florentin
Florentin
30/04/2020
.E
.C
Pas mal du tout cette saga. Je suis heureux d'être le premier à en faire une critique. Ca donne envie d'en lire plus. Il a des méchants, des victimes mais surtout beaucoup de mouvements. Je répète, c'est pas mal du tout.
TOPSCHER Nelly
Nelly78114
30/04/2020
.E
.C
Je ne suis absolument pas portée par la lecture de livres de science fiction, mais je trouve le texte très rythmé et le phrasé donne envie. Je suis intriguée c'est plutôt bon signe.
Belmont Antoine
Antoine
30/04/2020
.E
.C
Une fis embarqué, on doit partir assez loin. Beaucoup de noms exotique nous obligent à plonger tête baissée dans cet odyssée. Il y a du Stargate, un peu de Startrek mais je crois qu'il faut fouiller cette galaxie et entrer dans le vortex proposé. Les amateurs vont se régaler.
Théri Stéphane
Stéphane Theri
02/05/2020
.E
.C
J'espère que les lecteurs seront nombreux à embarquer dans cette saga en trois volumes qui ouvre avec force la catégorie Science-fiction de la plateforme. Gros travail d'écriture !!!!!
rabiller delphine
Delphine 83
02/05/2020
.E
.C
pas spécialement fan de SF et surtout de plusieurs tomes, j'avoue que là cela éveille ma curiosité. en lisant ces extraits je me suis vu partir quelques années auparavant ou j 'aimais beaucoup ce genre de SF des années 80/90. la plume de Gwendoline est toujours aussi présente et les dialogues sont là, ce qui nous fait entrer dans une lecture cinématographique et j 'adore ça. bravo Gwendoline car c 'est un vrai challenge d 'écrire 3 tomes après un premier roman. je serais au rendez vous.Pour la couverture, elle est superbe juste un petit bémol sur l’héroïne qui aurait dû être mise plus en avant sur la couverture.
Community Manager
Community Manager
04/05/2020
.E
.C
Une belle invitation au voyage pour les amateurs du genre ! Bienvenue à cette saga !
Levy Nicolas
Sedona
07/05/2020
.E
.C
Belle couvrante ! Le titre transporte et la saga doit pouvoir projeter loin de notre planète en folie. Beaucoup de noms exotiques nous obligent à quitter la galaxie connue pour plonger dans l'inconnu. Bonne chance à Calie ! Belle vidéo !
Dubois Clément
Un été 42
20/05/2020
.E
.C
Tout ceci est profondément créatif. Cela me rappelle un peu ces grandes séries de science-fiction. Tous les ingrédients sont-là pour embarquer la race humaine à se battre contre de nouveaux prédateurs. Sommes-nous la pire espèce de l'univers ? Je crois qu'à la lecture de ces lignes, nous ne sommes pas seuls à vivre et faire vivre la terreur. Ouvrage courageux et plein d'imagination.
Hubert Marie
MarieHub82
13/06/2020
.E
.C
La suite la suite ! J’adore la fluidité et l’imagination de Gwendoline. Elle m’a fait découvrir et aimé la part de surnaturel qui sommeillait en moi. Ces deux premiers extraits prometteurs me donne envie de découvrir l’histoire et l’évolution de ses personnages.
rabiller delphine
Delphine 83
09/07/2020
.E
.C
Félicitations à la lauréate du prix de l'imaginaire 2020 pour "l'ombre sur l'univers" chez nouvelles plumes.
BESSOU Martine
Enitram34
11/07/2020
.E
.C
Extraits bien choisis ! Pourtant c'était certainement difficile parce que ce roman a tellement d'aspects différents, entre combats, intrigues et ambitions politiques, horreur, amour et mystère ... J'envie ceux qui ne l'ont pas encore lu et vont avoir le plaisir de la découverte.
Unedeplus Sonia
La liseuse
01/08/2020
.E
.C
Quelle imagination et surtout quelle créativité ! Des noms incroyables, du rythme et une action de tous les instants. Bravo et félicitations pour le prix obtenu.
clement Delahay
La Pléiade
15/09/2020
.E
.C
La vidéo est vraiment superbe et donne le ton de cet univers lointain. Beaucoup d'éléments sont posés par l'auteur pour nous indiquer des les premiers instants de lecture que nous avons quitté la Terre. C'est riche en interrogations, en suspens et en imagination.
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