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"Toute littérature est assaut contre la frontière." Franz Kafka

Tessons de vie

Auteur :

Déborah Blanc

Categories : Poésies
Date de parution : 02/11/2019

Extrait
(12 avis)
Couverture
Tessons de vie

                     Kaléidoscope
(2ème prix du concours de poésie de la ville de Lyon 
section néo-classique. 2014)


La Camargue rêvait sous la canopée bleue,
gorgée mais libérée des sarcasmes du jour.
Tel deux moines penchés sur le regard de Dieu,
nous espérions la nuit pour écrire l'amour.

Le soleil écartant le rideau de pénombre
interprétait encore quelques motifs de feu.
Sous un poids de noirceur la lumière allait fondre,
fragile combustible avalé par les cieux.

J'ai regardé ta main calleuse dans la mienne,
le ballet des chevaux apprivoisait le soir.
Et sous la cathédrale de tes cheveux d'ébène,
j'ai moissonné nos rêves et j'ai sculpté l'espoir.

Lovés dans leur douceur, les flamants reposaient,
réservant leurs sourires aux clins d'oeil de la mer ;
Petites grappes roses reliées à la terre, 
accrochant malgré elles quelques rayons fanés. 

Les étangs ont pâli et l'onde a soupiré.
Le grand manteau de jais s'est posé sur les prés, 
courtisant les lucioles, trébuchant sur les rires
des crinières de lin que le vent faisait bruire.

J'ai cousu mon regard à ta clarté marine, 
amenant son éclat à irradier l'espace ; 
Et dans l'herbe moussue, dans la brise mutine, 
nous avons essaimé notre chanson fugace. 


                 Prière Afghane (extrait)

J'ai fait un rêve fou de liberté copieuse
Où le goût de la brise courait sur mes cheveux
Dépaquetés, tirés de leur geôle bornée.
Le réveil est saumâtre.


                        
                            Latitude

« Les rêves meurent. Le pouvoir reste. »

Disait la voix dans la lumière.

« Les rêves meurent comme la vague à mes pieds.

Le pouvoir reste comme le chant de l’océan,

Comme le goût de l’iode sur ma bouche.

Comme le poids du large.
 

Mon rêve est mort un soir d’avril,

Quand le soleil rit sur les roches,

Et la mer punit leur aplomb

De son orgueil de souveraine.

 

Dans la poussière d’un écho

J’ai appelé mon rêve éteint.

En vain.

Et contemplant la masse grise et tourmentée,

Les flots coléreux, leur tumulte sauvage,

Dans les tessons de leur vigueur

J’ai compris que la vie n’est rien

Sans les piqûres de l’esprit.

                    

J’ai compris que le vent emporte

Nos fougues denses, nos confiances,

Nos frêles idées d’évasion.

Nos germes de latitude.

 

Mon rêve a brûlé.

Leur pouvoir l’avait décidé.

Comme l’océan fustige de ses claques blanches

Tout ce qui tombe sous son joug.

 

Mon rêve a éclaté comme une pigne sous un pas.

Leur pouvoir l’avait ordonné.

Comme un bourreau tranche le cri

D’une tête trop prolixe. »

 

La voix s’est tue. Je l’ai regardée.

Son timbre mat fixait le sable clair.

Son cou rentré sur son cœur mort.

 

La voix a disparu. Seule la mer parlait.

 

Commentaires

Habert Alice
Alice
04/11/2019
.E
.C
Ce sont de jolis mots d'amour. La Camargue est un endroit propice aux promenades amoureuses. Belle écriture, ces quelques mots m'ont fait voyager au plus profond de mes souvenirs d'un été passé dans ce petit coin de paradis. Bravo !
Carré Clotilde
Clotilde C
15/11/2019
.E
.C
Quel romantisme !!!! La Camargue se prête au rêve et à l'amour. Vos lignes et vos rimes s'alignent avec délicatesse.
Maréchal Rémy
Rémy M
17/11/2019
.E
.C
Très beau. Vraiment très bien écrit. Je suis allé une fois en Camargue, j'ai adoré.
Belmont Antoine
Antoine
17/11/2019
.E
.C
La Camargue, les chevaux sauvages, les taureaux, la mer et tous ces oiseaux. Je replonge assez facilement dans cet univers naturel et fascinant. Belle poésie, bravo à vous Déborah !
Frémont Nina
Nina
20/11/2019
.E
.C
Vos poésies sont de belles invitations au voyage, merci !
clement Delahay
La Pléiade
22/11/2019
.E
.C
Quel romantisme !!!! C'est touchant et bien construit.
BLANC Séverine
Olympe
15/01/2020
.E
.C
Un joli poème aux vers appliqués. La 3ème strophe a une très belle sonorité!
Ngijol Félicité
FKN
05/05/2020
.E
.C
Tout simplement magnifique. Le rythme, le choix des mots, la beauté des rimes la richesse des images leur sensualité m'ont embarquée. Bravo!
Dubois Clément
Un été 42
20/05/2020
.E
.C
Enormément de délicatesse dans ces vers. Une bien agréable lecture !
Robsart Amy
Amy
02/08/2020
.E
.C
Belle échappée poétique qui laisse libre cours à l'abandon. La poésie reste un véhicule extraordinaire d'émotion. Bravo !
Ngwee Ngijol Roland
Roland N. Petersson
12/09/2020
.E
.C
Ah la Camargue! Je n'y ai jamais été pourtant j'y suis en proie et par la force de ton lyrisme qui est tout simplement... magique.
Rabaraona Rocky A. Harry
Rocky A. Harry
19/09/2020
.E
.C
La Camargue à cheval! Un délicieux souvenir qui embrasse cette belle poésie.
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