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"Toute littérature est assaut contre la frontière." Franz Kafka

Et demain, l'éternité...

Auteur :

Virginie Sarah-Lou

Categories : Fantasy
Date de parution : 12/03/2021

Extrait
(2 avis)
Couverture
Et demain, l'éternité...

Cette nuit-là, mes rêves furent paisibles. La présence de Grégoire n’y fut pas étrangère. Il me parlait de manière rassurante. Il était accompagné d’une autre personne, une silhouette tapie dans l’ombre. Je me souviens d’une partie de nos échanges. Il me demandait pourquoi je ne croyais pas au divin, au surnaturel, et m’indiquait que parfois, il fallait lâcher prise sur nos croyances et être prêt à s’ouvrir. Je lui précisais qu’à mon sens, tout ce qui m’arrivait n’était dû qu’à mes propres choix, et non pas à quelque chose de supérieur. Personne ne décidait à ma place sans que je sache le pourquoi du comment.

 

Dans ma tête, Dieu — peu importe son nom — était une invention stratégique de l’homme datant d’une époque révolue. L’intérêt, jadis, était de relier les humains dans la crainte commune d’éléments difficilement compréhensibles. Cela dans le seul objectif de les maîtriser et de faire se lever les foules au bon vouloir de certains de ses dirigeants, prêcheurs de bonne parole. Le pouvoir dans toute sa splendeur. De plus, les hommes ont sans cesse voulu croire à de belles histoires et à cette époque laborieuse, Dieu pouvait être l’étincelle magique donnant aux gens la force de se raccrocher à quelque chose. Une si belle histoire que des millions et des millions de personnes ont eu envie de croire ensemble. Sauf que s’il avait vraiment existé, pourquoi n’y avait-il pas eu une seule et unique version pour tous? Grégoire m’indiqua qu’on ne pouvait pas empêcher les individus d’adapter au fil des ans certains discours en fonction de chaque culture. Il ajouta que si l’on donnait le même texte à dix personnes, malgré leur bonne volonté, il était probable que dix interprétations différentes en ressortent. Bref, dans mon souvenir, chacun resta campé sur ses positions, mais le climat était détendu. C’était un débat amical et bienveillant pendant lequel il m’apaisa une fois de plus. Puis il me prit la main pour me dire à nouveau que cette bague était très précieuse, et qu’il fallait que j’en prenne soin. Que je découvrirais bientôt son rôle et que tout s’éclaircirait.

 

***

Le vibreur de mon téléphone me sortit du sommeil. C’était Nico, pour me demander si la fin de ma nuit avait été meilleure. J’allais le laisser traîner pour la réponse, ça lui apprendrait à se payer ma tête. Et puis, je désirais retourner dans ce doux rêve. Évidemment, une fois réveillée, c’était peine perdue. Je marmonnai dans ma bouche, telle une grosse feignasse qui ne voulait pas se lever et surtout ne réfléchir à rien. Pourquoi ne pouvait-on pas s’endormir sur commande? Puis, le souvenir de ma bague revint à moi, comme un flash. Un rapide coup d’œil me confirma qu’elle était bien là, mais l’Ange avait disparu.

 

Bon là, je ne savais plus quoi supposer. L’avais-je inventé ce bonhomme, comme me l’avait sous-entendu Nico? Non, peu probable, je l’avais vu de mes yeux se préciser, se peaufiner, et même me sourire… Et merde! Depuis hier, cette sensation de ne rien piger me dépassait.

 

Au bout de quelques minutes, je décidai tant bien que mal mon corps à démarrer une nouvelle journée qui, je l’espérais, serait moins forte en émotions que la précédente. Une douche m’aiderait à franchir ce cap qui me paraissait insurmontable. Je me dirigeai vers la salle de bain, d’un pas traînant, la joie de vivre en berne.

 

***

— Elle arrive, monsieur.

— Est-ce vraiment elle?

— Aucun doute, elle a la bague.

— Alors il ne reste plus qu’à espérer qu’elle se rappelle.

 

Comme hier, je ne voulais absolument pas y aller. Mes jambes pourtant me forçaient à avancer vers ces êtres qui ne m’inspiraient que peur et dégout. Où m’étais-je fourrée bon sang? Ils paraissaient, avec leur silhouette, tout de même humains. Mais comment pouvaient-ils accepter une telle puanteur autour d’eux? À vomir. D’ailleurs, cette fois-ci, mon estomac se retourna et le champagne ressortit en mixture immonde après une nuit de macération.

Celui qui semblait être le chef fit alors un pas dans ma direction. Je me pétrifiai sur place. Il était bien humain, mais avec des ailes immenses. Ses yeux laissaient tout présager sauf de la bonté envers qui que ce soit.

 

— N’ayez pas peur HÉRI, ou devrais-je dire Juliette. Vous êtes ici chez vous, me susurra-t-il.

Chez moi?

***

Je me retrouvai devant la douche inspirant avec vigueur le bon air pur qui m’avait manqué ces dernières secondes. Le goût du champagne ayant fait machine arrière était toujours présent. Vite, boire ou revomir. Pourtant, en balayant la pièce du regard, pas de salissures autour de moi… C’était donc bien un cauchemar?

L’eau fraîche du lavabo me fit du bien. Je m’en aspergeai le visage pour me remettre les idées en place. À ce moment, une petite touche de chaleur inonda mon doigt. L’Ange était réapparu.

 

 

 

 

 

Commentaires

TOPSCHER Nelly
Nelly78114
12/03/2021
.E
.C
Le roman qui m'a fait apprécier comprendre que le feelgood pouvait ne pas être gnangnan. Pour apprécier ce roman à sa juste valeur il faut laisser nos esprits cartésiens au placard et se laisser emporter par cette histoire qui lit fantasy et surnaturel. Et c'est pas tous les jours que l'on croise des anges et Dieu.
BLANC Déborah
Déborah Blanc
18/04/2021
.E
.C
C'est bien écrit. La lecture est facile et fluide mais sans présentation et hors contexte, il est difficile de se repérer dans ces extraits un peu disparates et on ne comprend pas trop ce qui se passe. Une 4ème de couverture faciliterait grandement les choses. La couverture est très jolie.
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