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"Toute littérature est assaut contre la frontière." Franz Kafka

Collier de nouilles

Auteur :

MARTINE MAGNIN

Categories : Romans
Date de parution : 16/01/2021

Extrait
(5 avis)
Couverture
Collier de nouilles

Dédié à toutes nos chères mères, la mienne, la vôtre, et toutes les autres

« Dès ma première semaine à la maternelle, j'avais compris qu'elle n'était pas le genre de mère à porter des colliers de nouilles. En gros, maman me considérait comme une servante miniature. »

L'impossible pardon - Randy Susan Meyers

« Il ne sert à rien d'être inutile, encore faut-il être nuisible. »

- Anonyme

Préface

Je me souviens de ce vieux Monsieur, R.B, qui, de son fauteuil de psychanalyste, alors que j’étais encore novice dans ce métier, me déclara, sur le ton de la confidence : « Chère amie, souvenez-vous : les patients viendront vous parler de leur père, qui était absent, froid, distant, démissionnaire, violent, alcoolique, égoïste, infidèle, etc.... laissez-les parler, écoutez-les. Cela durera quelques mois. Et puis, vous verrez, un moment, ils se mettront à parler de leur mère. C’est là que le vrai travail commencera. Le problème, c’est toujours la mère. N’oubliez jamais cela. »

J’étais assez impressionnée, mais quelque peu dubitative. Tout le monde sait que les psychanalystes accusent toujours les mères ! Cela me semblait un peu trop catégorique, assez borné somme toute. Je décidai de me souvenir qu’il avait forcément tort.

Puis, 20 ans plus tard, et quelques centaines de pa- tients après, hommes, femmes, enfants, j’ai nuancé mon jugement. Après avoir exercé comme psychoprati- cienne, psychanalyste, en m’intéressant en particulier aux mémoires prénatales et à la psychogénéalogie, je conviens que nos mères nous collent à la peau. C’est normal : durant neuf mois, nous avons senti, goûté, évolué dans un bain hormonal que nous partagions avec elles. Et cette imprégnation a évidemment laissé des traces. Et ne croyez pas qu’être adopté simplifie les choses ! Non. Nous venons du ventre d’une mère, et cet habitacle a contribué à définir notre premier rapport au monde. Couper le cordon, totalité, définitivement ?

Je n’y crois pas. Tout au plus pouvons-nous conscienti- ser au maximum de quelles influences nous sommes porteurs.

Et c’est là que le livre de Martine Magnin est remarquable : Avec l’infinie tendresse et l’humour qui caractérisent chacun de ses écrits, Martine Magnin nous entraîne à la rencontre de certains spécimens assez redoutables. Mais à la lecture de chacun de ses portraits, nous comprenons pas à pas que ces femmes ont fait ce qu’elles ont pu, avec leurs limites et leurs fragilités.

Alcool, folie, froideur extrême, maltraitances, viols, indépendance poussée au paroxysme, obsession de la beauté, de la jeunesse, de la perfection, dépression, psy- chose, veuvage, culpabilité, abandons, fugues, infidélité, signalements aux services sociaux, fusion, immaturité, tyrannie, harcèlement, légèreté, inconséquence, ano- rexie, rejet, brimades, absence... voici ces mères, vic- times et coupables, prisonnières malgré elles de leur histoire, de leurs névroses, de leurs manques d’amour.

Mais faut-il leur pardonner pour autant ? Je crois que là n’est pas la question. Ce qu’il nous faut, c’est comprendre : comprendre leur histoire, leurs rêves secrets, leurs pensées, leurs déviances. Et le livre que vous tenez entre leurs mains réussit le tour de force de leur donner la parole en nous les rendant parfois sympathiques.

Ces mères parfois haïssables, voire criminelles, qui, pourtant, nous ont fait le cadeau inestimable de la vie.

« J’ai fait un enfant, je suis une maman, c’est merveilleux. », dit celle-là, comme si tout était déjà accompli. Mais non, le reste, ce sont les enfants qui l’accomplissent. C’est nous, c’est vous, c’est toi, c’est moi.

Je ne peux m’empêcher, en rédigeant cette préface, de fredonner la chanson de William Sheller, Maman est folle :

Maman est folle
On n’y peut rien
Mais c'qui nous console C'est qu'elle nous aime bien Quand elle s'envole
On lui tient la main
Comme un ballon frivole
Au gré du vent qui vient Tais-toi Léopold
Surtout ne dis rien
Les gens dans leurs cache-col N'y comprendraient rien

Auteurs-compositeurs : WILLIAM SHELLER © WARNER CHAPPELL MUSIC France

Mères, nous vous aimons souvent. Nous vous haïssons parfois. Mais, toujours, à un moment, vous nous avez manqué. Nous avons pleuré votre absence, votre dureté, les abandons affectifs, voire pire, que vous nous avez infligés. Défusionner est le travail de toute une vie. Et plus nous ouvrirons les yeux sur qui vous êtes, plus nous parviendrons à nous différencier de vous. À exister, en dehors et sans vous. À tenir debout, puisque vous nous avez lâché la main. Mais nous voulons savoir pourquoi. Nous voulons découvrir qui vous êtes. Apprendre que vous existez en dehors de nous. Pour pouvoir enfin exister sans vous.

Nous retrouvons dans ces pages l’empreinte de Martine Magnin : son engagement pour la vérité. Sa capacité subtile à dénoncer, raconter, montrer ce qu’on devrait taire. Sans jugement ni parti pris, mais avec la lucidité implacable de celles et ceux qui connaissent le prix du silence et celui, encore plus inestimable, de la liberté. Un thème central dans son ouvrage « Le confort de l’autruche », que je vous invite à découvrir dès que vous aurez achevé celui-ci.

Car il faut dire, redire, et lire ce livre.

Il faut oser regarder qui nous sommes, d’où nous venons, pour pouvoir assainir et fertiliser nos racines. Devenir une bonne mère pour nous-même, que nous soyons homme ou femme. À chaque instant de notre vie nous avons le pouvoir de nous recréer. Et c’est à cela que nous invite cet ouvrage.

Contempler l’étendue des souffrances de nos enfances, mais aussi la maladresse, les failles de nos mamans, vivantes ou mortes, et leur humanité parfois si bancale et pourtant pleine de bonne volonté.

Faisons la paix avec notre histoire. Et, si nous sommes mères à notre tour, n’oublions pas que chaque jour nous offre une occasion de mieux aimer, de mieux comprendre, de mieux accompagner nos enfants.

Et ceux des autres. Car dans nos mémoires il y a aussi des tatas, des grands-mères, des amies, des enseignants, mais aussi des hommes, papas, tontons, enseignants etc... qui ont réparé, par leur présence bienveillante, ce que nos mères avait manqué. Martine Magnin, en plus d’être un écrivain de talent, fait partie de ceux-là.

Je souhaite à cet ouvrage audacieux et impertinent tout le succès qu’il mérite.

Anne-Catherine Sabas
Psychanalyste, formatrice
Auteure de « Triomphez des manipulateurs »,

Éditions Bussière, et « Familles monoparentales, la grande aventure », Éditions Michalon

Extrait : 

VIVE LES MÈRES

La célébration des mères de famille est une tradition encore plus ancienne que celle de Noël !

Et non, la Fête des Mères n'est pas née au cours d'une réunion marketing d'entreprise de fleuristes, par contre, ils ont bien récupéré l’affaire ! En effet, cette fête a la fâcheuse réputation de n’être qu’un événement commercial.

Chaque année, à peu près à la même période, nous célébrons la fête des Mères. Mais au fait, d'où vient cette charmante et contestable fête ? Comment la fête-t-on dans les autres pays ?

Chaque année donc, nous fêtons les mamans. Nous les remercions de l'attention, de la protection et de l'amour qu'elles nous donnent, nous leur offrons un petit cadeau de fête des Mères. Cette tradition n'est pas vieille comme le monde, mais perdure depuis un certain nombre de siècles.

Eh oui, la fête des Mères remonte au temps d'Astérix. C'est une tradition très ancienne ! Les premiers à avoir instauré une journée consacrée aux mamans sont les Grecs et les Romains, qui organisaient chaque année au printemps une cérémonie en l'honneur de Rhéa et Cybèle, les divinités mères des Dieux.

Les chrétiens, catholiques et protestants, avaient également une forme de célébration de la maternité lors du quatrième dimanche de Carême : le dimanche deLaetare. Le chant grégorien marquant le début de la messe y faisait alors référence au lait maternel : "Réjouis- toi, Jérusalem ! Et rassemblez-vous, vous tous qui l'aimez. Soyez dans le bonheur, réjouissez-vous avec allégresse, vous qui avez été dans la tristesse : vous pouvez bondir de joie et vous rassasier du lait de consolation qui est pour vous."

En parallèle, des croyants profitaient de ce jour pour se rendre, non pas dans l'église la plus proche de chez eux, mais dans « l'église mère », c'est-à-dire la cathédrale ou l'église la plus importante de la région. Les familles s'y retrouvaient entières, une fois par an.

La version moderne de la fête des Mères nous vient directement des États-Unis. Le second dimanche du mois de mai 1907, au moment du décès de sa chère maman, une Américaine a demandé aux autorités d'instaurer une journée en l'honneur de toutes les mamans du monde le deuxième dimanche de mai. Son vœu fut exaucé ! Les petits Américains honorent donc leur maman le deuxième dimanche de mai depuis plus de 100 ans.

Mais en France, célébrer les mamans et plus généralement la famille est une idée de Napoléon. C'est le premier qui a évoqué l'idée d'une fête des Mères officielle au printemps en 1806. Au départ, le but était d'honorer les mères de familles nombreuses.

Il faut cependant attendre 1926, pour que la pre- mière « Journée des Mères » nationale ait lieu. Il s'agissait alors d'honorer les Mères de familles nombreuses, avec remise de « Médailles de la Famille française ». Elle n'a jamais eu grand succès jusqu'en 1941, au moment où le Maréchal Pétain institue la fête des Mères avec l’idée d’encourager ainsi le repeuplement de la France qui souffre de la Seconde Guerre mondiale. Pour Pétain, la famille est une valeur essentielle pour la France. Il a sou- haité officialiser cette fête pour attirer l'attention sur le rôle de la femme au foyer. Son discours est réputé pour la polémique qu'il a entraînée. Certains lui ont reproché sa vision de « femme-objet ». La grande « invention » de Vichy fut d'honorer toutes les mères, d'en faire une fête familiale et d'en laisser la prise en charge aux enfants eux-mêmes, tout en faisant encadrer ces activités par les maîtres d'école. Bref, Le collier de nouilles, c'est depuis Pétain !

En 1950, cette fête très populaire est officiellement fixée au 4e dimanche de mai. Si ce dernier est le dimanche de Pentecôte, la fête des Mères est reportée au premier dimanche de juin.

La fête des Mères est une fête internationale. La Belgique, le Danemark, la Finlande, l'Italie, La Turquie ou encore la Russie se sont aussi calqués sur la tradition instaurée par les États-Unis pour fêter leurs mamans nationales.

En Belgique, les mamans ne se fêtent pas le même jour en fonction des régions. La majorité des Belges célèbrent leur maman le deuxième dimanche de mai. Dans la région d'Anvers, la fête des Mères est le 15 août, qui est le jour de Marie dans la religion catholique.

En Angleterre, la fête des Mères, appelée Mothering Sunday, est toujours célébrée le 4e dimanche de Carême, c’est-à-dire aux environs de la mi-mars.

En Allemagne, le jour de la fête des Mères, les mamans ne travaillent pas ! La fête des Mères est célébrée le deuxième dimanche de mai depuis plus de 75 ans. Le jour de la fête des Mères, les enfants sont aux petits soins pour leur maman tout au long de la journée. Une idée à reprendre chez nous !

En Espagne, on fête les Mères le premier dimanche du mois de mai. Ce jour-là, les mères et les grands- mères ne cuisinent pas. Les restaurants respectent cette coutume en offrant une fleur aux Mères et aux Grands- Mères. Encore une jolie attention.

En 1986, dans son sketch « La Merveille », Pierre Desproges dévoile le contenu du « tiroir aux trésors » où sa femme et lui-même ont jalousement engrangé année après année les charmants cadeaux que leurs « petits anges » ont confectionnés à l’occasion de la fête des mères et des pères. « Il y avait là, pêle-mêle, sous mes yeux éblouis d’émotion paternelle, six colliers de nouilles, trois bracelets de haricots, huit vide-poches en pot de yaourt harmonieusement enrobés de feutrine mauve et jaune... », énumère l’humoriste.

Au Canada, la fête des Mères est célébrée chaque année le deuxième dimanche du mois de mai. Comme en France, les petits enfants bricolent un cadeau pour leur maman, avec leur maîtresse ou avec l'aide de leur papa. C'est une fête officielle et tous les petits canadiens y mettent tout leur cœur pour qu'elle soit réussie.

PRÉLUDE
Tout est une question de nuances

Quittant le portrait idéalisé de la Mère, il nous faut bien admettre que la réalité échappe parfois à ces images oniriques.

La Mère imparfaite ou toxique est à la Mère, ce que le polyester est au cachemire. Un ersatz, une pâle copie, une contrefaçon flagrante et toujours décevante. Du coup, cette usurpatrice de statut ne fonctionne à peine que dans le paraître, et certainement pas au cœur des émotions, dans la vérité quotidienne des choses, dans la chaleur attendue, dans le secours promis, le regard bienveillant, la présence rassurante, le soutien demandé, la certitude du refuge accordé. Il s’agit alors d’un échec. Un mal de mère, un mal d’enfant !

 

 

Commentaires

Robsart Amy
Amy
17/01/2021
.E
.C
Une bien belle amorce sur un sujet sensible ! Une mère peut être tout ou rien ou encore faire semblant d'être ou ne pas..... L'icône reste solide, pourtant, tout semble possible tellement l'être humain est, par nature, singulier avec, parfois, des faces cachées sombres et indélicates. Voilà un livre fort intéressant. Derrière les colliers de nouilles se cachent peut-être de vraies perles quant à ce que peut-être une mauvais mère.
TOPSCHER Nelly
Nelly78114
20/01/2021
.E
.C
Une approche intéressante qui donne envie de savoir quelle mère va l'emporter.
Capone Marc
Le livrosorus
25/01/2021
.E
.C
J'aime le titre et la couverture, tous deux à propos. Les mères destructrices ou certaines trop couveuses peuvent être aux antipodes de l'image d'Epinal souvent présente dans la peinture de la famille. Sujet délicat à l'amorce internationale. Un tour du globe des mamans, voilà une idée bien originale avant d'enfoncer certains clous. Le sujet mérite qu'on philosophe sur lui.
Carré Clotilde
Clotilde C
13/02/2021
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.C
j'adore le titre qui doit parler à toutes les mamans. Le dessin de couverture aussi. qui met assez bien en avant les propos des premières pages. Notre société vante toujours les mérites des mamans, en oubliant, les mauvaises mères qui peuvent dans certains cas, être très toxiques. Un sujet que l'on sent bien traité dans son ensemble.
Jules Baudin
La Capsule
11/04/2021
.E
.C
Derrière l'icône de la mère se dessine une autre image, une autre mère, moins idéale, moins parfaite, plus humaine que théorique qui renvoie le modèle de la famille à plus d'incertitude quant à ce qu'il peut représenter de raté, de différent, de dérangeant. La couverture est forte en message.
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