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"Toute littérature est assaut contre la frontière." Franz Kafka

COLLIER DE FEMMES

Auteur :

MARTINE MAGNIN

Categories : Ouvrage autobiographique
Date de parution : 07/01/2021

Extrait
(4 avis)
Couverture
COLLIER DE FEMMES

Pourquoi un collier de Femmes ?

Cette chaîne de vie n’a rien d’un ouvrage d’orfèvrerie parfait et homogène, ni même obligatoirement harmonieux, il est fait « maison », on y trouve des perles et des maillons ravissants, classiques, souples, réguliers et tout en rondeurs. D’autres baroques, audacieux et déconcertants, plus complexes, doubles ou même carrément bizarres, d’autres mal ajustés, qui désenchantent le charme de l’œuvre, entravent la fluidité de la chaîne et écorchent cruellement la peau. D’autres encore, partiellement fêlés ou tordus, craquent et se délitent dans le temps.

Pourtant, Elsa en aime tous les éléments, leurs imperfections tout autant que leur bonne volonté, leur faiblesse, voire même leur lâcheté parfois pitoyable. Si tous ces maillons ou ses perles étaient identiques, ce collier en serait ennuyeux et d’une banalité mortelle. Autant ne pas porter de collier du tout. Dans le collier d’Elsa, on trouve avec bonheur de nombreuses perles rares qui illuminent le bijou de reflets précieux et changeants, des perles intimes ou venues de loin, perles sauvages, perles bossues, perles baroques, perles folles et même des pierres précieuses. Il n’y a en fait que les perles artificielles, cabochons cabotins, fantaisies

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superflues, véritables intrus toxiques qu’il faut savoir rapidement identifier et éviter, ces ersatz ne sont que dans le paraître, si vides à l’intérieur et si décevants à long terme. Heureusement, une fois repérées, et maîtrisées, elles perdent de leur nuisance et Elsa s’en débarrasse sans regret. Il y a aussi des maillons faibles, fatigués, usés, et heureusement d’autres, plus forts prêts à prendre le relais. Ainsi, le collier de vie d’Elsa est solide, les femmes n’ont pas économisé leur présence et chaque perle représente une femme précieuse de sa vie.

C’est une évidence, des hommes aussi ont été là dans la vie d’Elsa, l’un après l’autre, parfois plusieurs en même temps et parfois absents. Certains furent brillants et positifs, certains inutiles, d’autres carrément nuisibles. Le premier d’entre eux, le père, est parti très vite en catimini, pour revenir en héros quelques années plus tard, le second homme fut une saleté de prédateur sadique, un malfaisant sans scrupule, le suivant un farfelu sympathique, mais peu rassurant, le premier amoureux se suicida, le suivant ne pensait qu’à lui et à sa carrière, celui d’après tenta avec un succès notable de parfaire le travail de détérioration entamé par le prédateur de sa jeunesse. Beaucoup d’hommes l’ont défaite, peu l’ont aidée à se restaurer, à se sentir bien ou à se construire, le dernier accompagne Elsa parfaitement. Ouf, il était temps ! Et puis bien sûr il y a ses fils, mais les garçons, on le sait, ont souvent en tête leurs propres envies, leur rythme à eux, et leur intérêt pour leur mère reste souvent en pointillé et en surface. Ce qui n’empêche pas leur mère de les protéger, de les aimer et de les encourager avec constance et générosité.

Heureusement, pendant ces temps-là, les filles et les femmes étaient présentes, pour lui proposer leur soutien, pour guider ses débuts, pour réguler ses péripéties, pour la suivre et cheminer avec elle.

Oui, heureusement les femmes étaient là, et heureusement, elles sont encore là. La femme est l’avenir de la femme. Alléluia !

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Comme autant de repères, et donc plus encore que les hommes, cette multitude de femmes a construit et accompagné la progression d’Elsa et sécurisé l’escalade délicate et nécessaire à ses progrès, forte, tonique, rassurante, ouvrant des voies, proposant des ancrages indispensables et des points d’appui sûrs, ou au contraire avec autorité ou violence, en interdisant ou en bloquant certaines de ses pérégrinations.

Il faut de tout pour naviguer, le vent debout, le vent arrière, et même des vents contraires et des bourrasques de vent.

Si Elsa regarde en arrière, elle voit à ses côtés une longue file de femmes, sœurs, amies, consœurs, complices, voisines, copines, passantes, collègues, mères, tantes, filles, belles-sœurs... La liste est longue des femmes qui ont entouré ou entourent encore sa vie. Elles sont la source de son oxygène, de ses élans, de ses progrès, elles lui sont vitales. Paradoxalement, les maillons faibles, fragiles ou cassés n’ont pas eu qu’un rôle d’obstacle ou d’empêchement, au contraire, ils ont eu, sans le vouloir, une influence positive et décisive sur son chemin en la forçant à lutter, à concentrer ses efforts et à réagir devant les difficultés de la vie. Certains d’entre eux ont même eu des influences majeures et bénéfiques.

On pense à ce dicton de Nietzsche, usé et tout aussi contestable,

Tout ce qui ne tue pas, rend plus fort.

Peu importe en fait la personne d’Elsa, ce sont elles, ces différentes femmes, les vrais cadeaux de sa vie. Ensemble elles l’ont enracinée, constituée, accompagnée, et Elsa se sent aujourd’hui profondément redevable du temps et de l’attention qu’elles lui ont offerts, chacune à leur façon.

Comme le dit un sage proverbe africain "Il faut tout un village pour élever un enfant"

 

Commentaires

TOPSCHER Nelly
Nelly78114
07/01/2021
.E
.C
Une bien belle ode à la femme que voilà. Elsa est une femme , a le soutien des femmes, et démontre bien que la femme reste l'avenir des l'homme..des Hommes.
Robsart Amy
Amy
14/01/2021
.E
.C
Quelle originalité ! La couverture porte un léger voile de mystère qui, à vos mots, disparait aisément pour laisser sa place à des valeurs pures et chères par ce qu'elles offrent, à celle qui les porte. Il y a de la malice, mêlée à de l'humanisme au féminin. Quel doux regard que vos mots sur Elsa, les belles intentions y sont reines et couronnées par les sentiments.
Delmare Fanny
Fanny
15/01/2021
.E
.C
Un livre de femme, sur les femmes mais, à lire aussi par ces messieurs. Elsa donne envie de découvrir son horizon et surtout toutes ses âmes qui virevoltent autour d'elles.
BLANC Déborah
Déborah Blanc
16/01/2021
.E
.C
L'image du collier de femmes est originale et belle. Une vision sur la communauté féminine qui m'interpelle n'ayant dans ma vie pas vraiment eu l'occasion de vivre ce qui est décrit ici. Pour moi, les autres femmes ont toujours été en compétition, manipulatrices, jalouses ou distantes et cette solidarité qui est si joliment décrite, je ne la connais pas. Je trouve d'ailleurs les hommes souvent bien plus honnêtes et francs. Aussi ce récit aiguise ma curiosité. La couverture est magnifique !
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