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"Toute littérature est assaut contre la frontière." Franz Kafka

ADANHAEL

Auteur :

J.F.SIBAR

Categories : Fantasy
Date de parution : 14/11/2020

Extrait
(3 avis)
Couverture
ADANHAEL

Je vous propose deux extraits de mon roman d'UrbanFantasy - Dystopie Post-apocalyptique.
1er EXTRAIT :

Le groupe reprit son cheminement. Romain laissa les adolescentes lui passer devant en ralentissant son pas puis bifurqua sur la droite. Alors qu’il se dirigeait vers l’inquiétant personnage à la capuche, Chloé s’arrêta brusquement et retint Emma en l’agrippant par le poignet. Celle-ci se retourna et poussa un petit cri de stupeur : faisant face à l’individu, Romain se raidissait en posant les mains sur ses hanches. Bien plus grand que le jeune homme, le rôdeur croisa les bras et le toisa de toute sa hauteur. Anxieuses, les adolescentes rappliquèrent dare-dare.

Romain, fidèle d’entre les fidèles, essayait de jouer tant bien que mal le rôle protecteur qu’endossait généralement l’unique garçon d’un groupe. Seulement, la réalité était tout autre. En cas de discussion houleuse, il fallait bien plus redouter le duo acerbe que formaient Emma et Chloé que ce timide étudiant. Lui n’était que bonté et gentillesse. Dans le meilleur des cas, il ne pouvait qu’essuyer les rires moqueurs et les insultes à la place des jeunes filles.

— Laissez-le ! ordonna Emma, des fusils à la place des yeux.

Elle attrapa Romain par la manche de sa veste et le tira énergiquement en arrière.

— Je n’ai qu’un seul désir, Demoiselle. Mener à bien ma mission. Il faut que je vous parle.

L’individu lui révéla devoir prendre contact avec Pierre Gillac. Toutefois, la sœur adoptive de l’héritier lui paraissait plus aisée à aborder. Emma le regarda en fronçant les sourcils.

— Je… Je bénéficie de quelques facilités avec la gent féminine.

— Y’a pas à dire, maugréa Chloé, c’est la nuit des lourds.

— Venez. Rapprochons-nous du sanctuaire des chrétiens. Ici, nous sommes trop exposés. Je dois vous parler d’Adanhael.

Contournant l’église, le rôdeur pointa du doigt un vieux banc métallique. Il s’assit au bord du siège et passa sa main sous son sweat shirt. Alarmé, Romain poussa Emma sur le côté. Chloé, quant à elle, fouilla dans son sac puis le menaça avec son canif. L’homme releva la tête. Un petit rire ironique lui échappa tandis que son avant-bras disparaissait derrière son dos : Romain se serra contre Emma. Leur interlocuteur exhiba un poignard dont la lame de 20 centimètres, luisante de reflets verdâtres, se trouvait sculptée d’un étrange feuillage qui serpentait en son milieu.

— Il est superbe, murmura Romain d’un air faussement admiratif. Et très effilé. Je… Je peux ?

Prenant l’arme par la pointe, l’individu la déposa dans la paume du jeune homme. Celui-ci caressa la gravure du bout des doigts.

— Que représente ce motif ? demanda-t-il.

— Une branche de morilire. Le lierre des sépultures. Le contact avec cette plante peut s’avérer fatal. Rassurez-vous, on ne la rencontre que dans la forêt d’Yrvintiel.

Les trois amis se lancèrent des coups d’œil dubitatifs. Emma se croisa les bras en tordant la bouche.

— Et si vous nous disiez votre nom ?

— Hedelwyddan.

Le rôdeur récupéra son couteau puis le rangea dans son fourreau. Ensuite, il posa un petit sac de cuir sur ses genoux et, sous le regard attentif des filles, l’ouvrit en grand. Il en ressortit une étoffe en velours grenat et défit le fil d’or qui réunissait ses quatre coins.

— Mon escarcelle contient des joyaux appartenant à Adanhael, déclara-t-il. Voici un tour d’oreille.

Leur interlocuteur leur présenta un remarquable objet ouvragé : prises dans un entrelacement de fines armatures en argent, de minuscules gemmes scintillaient de mille feux d’un vert légèrement bleuté (quatre émeraudes). Les autres fixaient le tour d’oreille d’un air incrédule. Je n’en reviens pas, songea Chloé. Un si beau bijou pour un garçon.

Hedelwyddan déploya sur sa cuisse un bracelet composé de trois anneaux en cuivre rouge, sertis en leur milieu d’un éclat de lapis-lazuli, que reliaient entre eux de nombreuses tiges d’argent.

Emma se pencha en avant, un sourire émerveillé sur les lèvres.

— Et pour finir…, voici le pendentif, annonça-t-il en exhibant devant ses yeux une chaîne particulièrement brillante. Pendant au bout de cette dernière, une gemme plate et à demi translucide luisait de reflets indigo.

— Joli caillou, observa Romain.

— Il s’agit d’une pierre de lune.

Le rôdeur déposa le collier sur l’étoffe et rajouta le tour d’oreille ainsi que le bracelet. Avec des gestes empreints d’un infini respect, il juxtaposa les quatre coins du velours et les lia avec le fil d’or. Ensuite, il fouilla un instant dans son escarcelle puis mit sur sa langue une feuille d’églantier.

— Oooh ! Je ne sais pas d’où vous venez, mais vous en êtes encore à la préhistoire du chewing-gum, ironisa Chloé.

Il haussa les épaules et souffla sur le fil d’or en marmonnant des mots étranges et mystérieux. Chloé fixa Emma en tournant son index sur sa tempe : pour elle, cet homme était fou. Se frottant la tête, Hedelwyddan grimaça légèrement et tendit le petit paquet à Emma.

— J’ai réalisé le souhait d’Hywela, déclara-t-il. La mère scelle, l’enfant descelle.

Ils le regardèrent tous d’un air dubitatif. Devant leur incompréhension, Hedelwyddan apporta une explication… S’il avait montré les objets merveilleux d’Adanhael, c’était pour les convaincre de leur existence. Parce qu’après cela, il fallait qu’il les enferme à jamais, ou presque. La feuille du rosier sauvage avait reçu le vœu d’Hywela. Désormais, seul son fils pourra ouvrir l’étoffe.

Emma essaya de délier le fil. Ses efforts furent vains. Avec Romain, ils tirèrent le velours dans tous les sens, mais durent se rendre à l’évidence : le contenu n’était pas près de revoir la lumière.

Hedelwyddan se leva brusquement en fixant l’un des angles de l’église.

— Range ça dans ton sac, Emma. On vient.

Le regard de l’adolescente passa plusieurs fois de son interlocuteur à l’édifice. Soudain, la silhouette, reconnaissable entre toutes, de Barthélémy se dessina sous l’éclairage du lampadaire.

2e EXTRAIT :

Traînant le pas, l’enchanteur s’accrocha à l’angle d’un mur et fixa son attention sur Adanhael. Breval le rejoignit précipitamment.

— Qu’est-ce qui t’arrive, mon ami ?

— Je… Je perds mes forces. Ces abominations m’ont surpris comme un novice. Vois comme le petit a besoin de toi. Va ! Court !

Un bref coup d’œil suffit au colosse pour évaluer la situation d’Emma et de son frère. Il partit en trombe, son épée fumante dressée au-dessus de la tête. Maelrhys s’adossa à la paroi et se laissa glisser jusqu’au sol, ivre de fatigue.

Le dernier assaut de Britt s’était encore soldé par un échec, car le Déchu se servait de ses bras recouverts de mailles de fer tressé comme d’un bouclier. Essoufflée, la jeune fille lui tournait autour en grimaçant d’amertume. Son inexpérience la désavantageait face à un adversaire ayant probablement été un homme de guerre de son vivant. Soudain, elle se jeta sur lui et le frappa d’estoc au visage. Celui-ci inclina sa tête in extremis et, passant outre une profonde entaille à la joue, l’attrapa par le bras. Il l’envoya heurter brutalement le mur de la maison. Laissant tomber son arme, Britt se recroquevilla sur le sol. Le non-mort ramassa le sabre en grognant de satisfaction. Breval le défia en cognant son disque d’azur avec Duralhumain. Cela provoqua d’impressionnantes gerbes d’étincelles bleuâtres.

— C’est un manieur d’épée, affirma le colosse en regardant Britt. À part te bouffer, il convoitait ta lame.

Le Déchu soupesa le katana en esquissant un horrible rictus et fixa le Gardien.

— J’ai un mauvais pressentiment, résonna une voix rocailleuse dans la tête de ce dernier. Ils sont vifs cette année.

— Notre jeune belliqueuse s’est fait prendre son sabre par le non-mort.

— Quoi ? Ah ! On est drôlement bien secondé, Rondache. Et depuis quand les Cadavres-Qui-Marchent se servent-ils d’une arme ?

— Depuis qu’ils portent une cotte de mailles et un gorgerin.

— Sang maudit ! Un chevalier. Mets-toi en garde haute, Breval. Au dernier moment, tu vises ses jambes. Je vais te le désosser comme un poulet, ton emmaillé d’outre-tombe.

Le Déchu se rua sur Breval. Lorsque le katana s’abattit sur sa tête, celui-ci le contrat avec son bouclier d’azur dans un furieux concert de hurlements sauvages et de crépitements stridents. Glissant sur le bitume, le non-mort fut brutalement repoussé par la magie du lapis-lazuli.

Tandis que les deux duellistes se jaugeaient, Adanhael et Emma reçurent l’aide d’une horde de rats d’égout. La cinquantaine de rongeurs se plaça entre eux et les loups d’Harmagor. Le garçon s’accroupit et caressa un raton tout menu : terrifié par les monstrueux zombies, ce dernier s’était réfugié entre ses pieds. Il fit un geste en direction des décombres d’une vieille construction. Le petit animal couina en frottant sa tête contre les doigts de l’enfant puis se précipita dans les débris.

— Arrête de le toucher, gémit sa sœur. Ces bêtes sont sales et porteuses de plein de virus.

— Ça suffit ! tonna Adanhael. Ouvre tes yeux et regarde-les. Les couples se tiennent côte à côte, la peur au ventre. Les pères sont accompagnés des fils. Il y a des familles entières et tous ont répondu à mon appel à l’aide. Ils ne me doivent rien, Emma, et pourtant beaucoup vont mourir pour nous. Et ils ne sont pas sales. Ils sont admirables !

Honteuse, l’adolescente baissa la tête en se mordant les lèvres. Les bras écartés, Adanhael se rapprocha lentement des rongeurs. Inexorablement, le garçon faiblissait alors que les non-morts semblaient reprendre de la vigueur.

— Tu ne pourras pas les retenir éternellement, mon enfant, susurra une voix dans son esprit.

— Je ne suis pas votre fils, Hywela. Ma mère s’appelle Joanie. Un point c’est tout.

— Pfft, ta part d’humain te rend insolent. Bon. Écoute-moi bien. Sers-toi du bracelet aux trois anneaux. Tu peux détruire ces créatures grâce aux Joncs de Vorgell.

— Hein ? Je dois toucher les monstres ?

— Oui. Et il est préférable que tu les éloignes l’un de l’autre. Demande à tes petits auxiliaires de s’en prendre à l’un des loups. Pendant ce temps, tu élimineras le deuxième en posant ta main sur lui, car les Joncs de Vorgell ne supportent pas le contact du Mal. Fais ce que je te dis. Je t’envoie des renforts. Mais pour en disposer, tu dois survivre à cette journée.

Un cri de sa sœur déconcentra Adanhael, rompant le lien psychique. La horde de rats se précipita sur l’un des canidés, le mordant de leurs petites dents acérées aux pattes et sous le ventre. Le loup se débattit et en broya quelques-uns entre ses crocs. Adanhael s’avança d’un pas en fixant l’autre non-mort du regard. Ouvrant une gueule terrifiante, celui-ci se lança sur l’enfant. Ses mâchoires claquèrent dans le vide, car sa proie venait de bondir sur son dos. Les doigts accrochés à la fourrure du monstre, Adanhael écarquilla les yeux d’étonnement en voyant sa peau bleuir. (Les Joncs de Vorgell révélaient sa double nature.) L’abominable bête se mit à gémir atrocement sous l’effet de l’enchantement du bracelet. S’émouvant du supplice qu’endurait l’animal, le garçon voulut retirer sa main de son pelage, mais cela s’avéra impossible.

À la fin, le loup s’écroula sur le sol, le corps ravagé par la magie elfique. Couché sur le cadavre du canidé, Adanhael pleurait à chaudes larmes, car la souffrance qu’il avait infligée au monstre lui meurtrissait le cœur.

L’engagement entre Breval et le Déchu reprit de plus belle. S’abaissant brusquement, le colosse sentit sur ses cheveux le déplacement d’air engendré par le passage du katana. Il plongea son épée dans les jambes de son ennemi en hurlant de rage. La pointe de Duralhumain se planta dans un genou et, dans un mouvement tournant, disloqua l’articulation. Déséquilibré, le non-mort tomba lourdement sur le bitume. Alors que celui-ci se retournait, son arme dressée vers le ciel, son adversaire revint aussitôt à l’assaut. Frappant de taille, le Gardien trancha la main qui tenait le sabre. Le katana glissa sur la chaussée avant d’arrêter sa course dans le caniveau. La lame fumante de Breval enfoncée dans la bouche, le monstre ne put empêcher le maléfice qui l’animait de quitter ses chairs putrides. Il poussa un dernier râle.

À genoux sur le sol, Adanhael s’évertuait à entraver les mouvements de l’autre abominable canidé qui, tout en brisant les os des rats qu’il attrapait avec ses dents, menaçait de se jeter sur Emma. Le garçon avait perdu beaucoup d’énergie et pleurait de désespoir. Les jambes flageolantes et son Taser entre les doigts, Emma essuya ses yeux rougis.

— Ne me touche pas, chien de l’enfer, grommela-t-elle.

Tout à coup, elle trébucha sur un morceau de bois et se retrouva assise sur le bitume. La jeune fille était à la merci d’une bête fermement décidée à plonger ses crocs dans son cou. Ses hurlements d’effroi se mêlèrent à ceux de Britt au moment où l’abominable créature accélérait le pas. Tombant littéralement du ciel, la Black Knight trancha la tête de l’animal avec son sabre en s’écrasant aux pieds d’Emma. Elle se releva péniblement puis s’approcha de la sœur d’Adanhael, les deux mains tendues. Les adolescentes se précipitèrent dans les bras l’une de l’autre et fondirent en larmes.

La lassitude qui envahissait tous les membres du groupe semblait gagner le temps lui-même. Le jour faiblissait rapidement et ne tarderait pas à se parer des mornes habits du soir. 

Commentaires

RABIS XAVIER
J.F.SIBAR
14/11/2020
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.C
Vous pouvez lire un 3e extrait en vous rendant sur mon site d'auteur : https://j-f-sibar-auteur.jimdosite.com/
BESSOU Martine
Enitram34
14/11/2020
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.C
Le premier extrait laisse entrevoir un mélange amusant entre des personnages contemporains et cet Hedelwyddan qui vient manifestement d'un autre monde. Le second nous plonge dans l'action et annonce un univers très riche : Enchanteurs, non-morts, déchus, loups d’Harmagor, zombies, garçon qui parle aux animaux, lien psychique. Voilà qui excite la curiosité, et j'aime beaucoup l'écriture
Ama Courtois Cécile
Cécile Ama Courtois
26/11/2020
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.C
J'ai eu un peu peur au tout début du premier extrait parce que le style me paraissait un peu trop simple, mais c'était une erreur. Au fil des deux extraits, on se rend vite compte que l'écriture est épurée plutôt que simple et que ce choix rend presque tangible la présence des elfes. On les sent à côté de nous et rien qu'avec ces deux petits extraits, on se prête à croire que c'est possible... En ce qui me concerne, j'ai été convaincue par la couverture, le titre, la petite phrase d'accroche et les extraits. Je crois que ce roman va très vite atterrir dans ma PAL !
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