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"Toute littérature est assaut contre la frontière." Franz Kafka
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Catherine Ferrari

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Poésie / photographie.

Auteur de deux recueils de poésies :

Fragments et Les quatre saisons

COMPLEMENTS

Au fil des mots, Catherine Ferrari bouleverse et vous étonne par une musicalité dont la substance se cache très certainement au plus profond de son âme. Les mots choisis jaillissent mais la ferveur qui les accompagne appelle à la quiétude. Posées là, comme un retrait ponctuel sur la vie, ses poésies donne à réfléchir sur l'essentiel : l'homme n'est-il pas fait pour aimer et être aimé et l'amour ne représente t-il pas le plus beau témoignage d'une vie écoulée ? S.T

Catherine, pour vous, que représente l’écriture et plus particulièrement la poésie ?
Je me suis souvent poser cette question. Je crois que ce n’est pas une question de « représentation ». Cela va beaucoup plus loin. Je dirais qu’écrire est peut-être une rencontre entre l’âme de l’écrivain et celle du lecteur. C’est dans tous les cas un chemin propre à chacun, un chemin qui est fait de grands moments de solitude, de contradictions, d’observations et de silences aussi. Je repense à cette phrase de Léon Bloy : « je ne serais pas ce que je suis, c’est à dire un artiste, si cette chienne de littérature n’intervenait pas jusque dans les mouvements les plus naïfs de mon cœur ».
A quel âge avez-vous commencé ? Qu’est-ce qui a déclenché l’envie d’écrire et pourquoi avoir choisi la poésie ?
J’ai commencé à l’âge de 32 ans environ. J’ai d’abord élevé mes enfants. Je n’ai pas fait d’étude, ayant été maman très jeune. Le vrai déclanchement a été la maladie de ma mère, puis son décès. Je n’ai pas réussi à sortir un mot ce jour, ni une seule larme. J’ai alors vécu mon deuil sur le papier. J’ai eu besoin de combler un vide. Au départ ce fut un exutoire. Puis au fil du temps c’est devenu une étrange habitude, comme si un un être inconnu me retenait. Je ne pense pas l’avoir choisi, elle s’est imposée comme ça. C’est un art subtil, difficile. La poésie permet d’atteindre nos propres abîmes, de se regarder en face. Et pour être honnête je ne me vois pas écrire autre chose pour l’instant.
Avez-vous un ou des thèmes de prédilection ?
Je vis à la campagne, tout est là, autour de moi. Je la respire et jette des mots sur du papier. Je n’ai pas de thèmes de prédilection en particulier, mais je parle souvent du crépuscule, du ciel, de nature morte et de la mort elle même. De Dieu, de la foi aussi. L’amour, l’amour charnel ont également une place importante dans mes écrits. Charles Baudelaire a été mon premier choc poétique à l’âge de15 ans. Cristina Campo a été le second, 17 ans plus tard. Bien d’autres ont suivi, liste non exhaustive bien entendu.
Que représente un poème une fois terminé et pourquoi l’écrivez-vous ?
Je crois que mes poèmes ne sont jamais vraiment « terminés ». Lorsque je pense que l’un l’est et que je me relis quelques temps plus tard, j’ai la fâcheuse tendance à vouloir tout reprendre, voire tout effacer … C’est un bon exercice pour progresser. Souvent je me demande quand est-ce qu’on sait qu’une œuvre est terminée. Je pense qu’une fois que j’aurai quitté ce Monde, on pourra dire que mon « œuvre » est terminée. Pourquoi l’écrire ? Pourquoi pas !
Que vous apporte l’écriture au quotidien ?
Comme dit précédemment c’est une forme d’exutoire. Une façon aussi de mieux se connaître. D’affronter ses démons. Une façon de s’oublier. Parler de beauté aussi. La vraie et la délicate beauté. Quelques fois ça me fait mal …
A quelle fréquence écrivez-vous et combien de temps cela représente t-il dans votre emploi du temps ?
Je n’ai aucune fréquence en particulier. Je travaille pour gagner ma vie. J’écris donc à mes heures perdues même si j’en manque cruellement. J’écris surtout quand ça me vient. Par période. Je me suis rendue compte que j’écrivais davantage et plus profondément lorsque je suis triste ou mélancolique. Je préfère ne pas écrire qu’écrire tout et n’importe quoi. La poésie ignore le temps.
Plus généralement, que représente la littérature dans votre vie ? Etes-vous tout autant attachée à lire qu’à écrire ?
Ce sont essentiellement de grands auteurs qui m’ont donnés le goût d’écrire ou plutôt de continuer à écrire. Il est primordial, selon moi, de lire de grandes œuvres. Ces grands auteurs sont comme des guides. J’ai découverts réellement le sens de la littérature il y a quelques années en tombant sur le blog d’un critique littéraire. La première fois, ça m’a explosé à la figure… (un autre choc). C’est en suivant ses conseils que j’ai pu lire des auteurs magnifiques dont je ne soupçonnais pas même l’existence. Le poète ou l’écrivain contemporain, mis à part quelques rares exeptions, a la facheuse tendance de se regarder écrire. Il manque à beaucoup une bonne dose d’humilité. Pour répondre à la question, je pense que l’un sans l’autre, ça ne fonctionne pas.
Que lisez-vous (romans, poèmes, thrillers,etc.) ?
Très peu de contemporain sauf exception, comme dit précédemment. Des romans le plus souvent. Moins de poésie pour ne pas me laisser trop influencer.
Vos poésies s’adressent-elles à une catégorie précise de lecteurs ?
Ma poésie s’adresse aux lecteurs qui me font l’honneur de me lire.
Est-ce que la notion de partage vous semble importante ou écrivez-vous juste pour vous ?
J’écris d’abord pour moi, très égoïstement, puis bien sûr, ensuite pour les autres.
Vos poésies sont-elles éditées ?
Certains de mes poèmes ont été publiés dans des revues littéraires et Anthologies poétiques.
Avez-vous eu et avez-vous l’envie de gagner votre vie avec l’écriture ?
Personnellement, je n’écris pas pour vendre. J’aurai l’impression de prostituer ma poésie. Et puis il faut rester réaliste, on ne gagne pas/plus sa vie avec l’écriture, à moins d’être déjà connu ou reconnu ou de bénéficier de « piston »
Vos poésies ont-elles trouvé un éditeur ? Si non, pourquoi ?
Non. J’ai tenté d’envoyer mes manuscrits à différentes maisons d’édition. Ils sont tous très intéressés mais les contrats que l’ont m’a proposés ne me convenaient pas. Je ne souhaite pas  entrer dans ce monde d’édition de cette façon ni par « cette porte. » Je préfère rester fidèle à ce que je suis, rester moi même et si un jour un éditeur est réellement intéressé par mes écrits, je me tiendrais volontiers à sa disposition.
Vous arrive t-il de lire vos poésies lors d’évènements ou encore dans des salons du livre ? Si non, aimeriez-vous le faire ou préfèreriez-vous qu’un comédien, un conteur ou un liseur professionnel lise vos poèmes ?
Non. Je ne me rends pas dans les salons du livre. Comme dit plus haut, j’ai beaucoup de mal à faire comme tout le monde … J’ai horreur de la foule. En fait, je ne me sens pas à ma place dans ce monde d’édition… Mais, oui pour un liseur.
Selon vous, quel est le plus difficile : Ecrire ou être éditer ?
Tout dépend de ce que les éditions cherchent à éditer. Visiblement à l’heure actuelle, on y trouve de tout.
Comment voyez-vous le marché du livre aujourd’hui et dans le futur ?
… voir réponse ci-dessous.
Qu’aimeriez-vous voir changer ?
J’aimerai beaucoup et de tout mon cœur qu’on arrête de récompenser des écrivaillons et poétaillons en tous genre, sans le moindre mérite ni le moindre talent, médiatisés comme ce n’est pas permis, à tout va. J’aimerai qu’on arrête d’insulter la poésie et la littérature !
Quel conseil pourriez-vous donner à un jeune auteur ?
Lisez de grands livres, de grands auteurs, soyez sensibles à leurs souffles. Je citerais également un poème d'Alexandre Pouchkine : Au poète par Alexandre POUCHKINE " Poète, n'attends rien des faveurs du vulgaire. L'extase et l'ovation bruyante n'ont qu'un temps ; qu'un sot juge ton œuvre ou que le peuple en rie, toi, demeure serein, taciturne et constant. Tu es roi : vit donc seul. Par de libres chemins va seul où te conduit librement ton esprit, prenant soin de polir le fruit de tes pensées, sans fixer de salaire à la belle prouesse. Ton salaire est en toi. Tu es juge suprême, plus sévère qu'un autre à censurer ton œuvre. En es-tu satisfait, scrupuleux artisan ? Satisfait ? Laisse alors la plèbe t'insulter et cracher sur l'autel où crépite ta flamme ou, par enfantillage, ébranler ton trépied." 7-VII-1830
Aimeriez-vous participer à des rencontres auteurs/lecteurs et partager ainsi votre passion ?
Je n’en ressens pas le besoin, je suis plutôt discrète. Mais pourquoi pas …
Après avoir visité le site www.pasvupaslu.com avez-vous une ou des idées à communiquer aux créateurs ?
J’ai découvert le site pas vu pas lu très récemment et je me réjouis de constater qu’il y a encore quelques rescapés qui tentent de faire vivre tout ce petit monde ! Bravo !
Acceptez-vous de mettre en ligne sur www.pasvupaslu.com l’une de vos poésies ?
Oui, bien sûr, j’en serais très honorée.
Catherine, merci pour votre sincérité. Vos poésies sauront, j'en suis certain, toucher les âmes qui ont, sans le savoir, rendez-vous un jour avec vos mots.
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